Montréal, le 25 juin 2026 — L’organisation Canadiens pour la justice et la paix au Moyen-Orient (CJPMO) célèbre le lancement d’une exposition novatrice sur la Nakba palestinienne, qui ouvrira ses portes ce fin de semaine au Musée canadien des droits de la personne, à Winnipeg. Le Musée s’est associé à la communauté palestinienne du Canada pour mettre sur pied cette exposition, intitulée « Palestine déracinée : la Nakba, hier et aujourd’hui », qui retrace les expériences de dépossession des Palestiniens qui ont débuté lors de la création d’Israël en 1948 et se poursuivent encore aujourd’hui. CJPMO remercie le Musée pour son engagement envers ce travail important et encourage les Canadiens à visiter l’exposition et à s’y intéresser dès son ouverture au public.
« Cette exposition sur la Nakba constitue une avancée significative pour sensibiliser les Canadiens aux processus continus de dépossession forcée auxquels les Palestiniens sont confrontés depuis des décennies », a déclaré Yara Shoufani, présidente de CJPMO. « Alors qu’Israël continue de commettre un génocide à Gaza et un nettoyage ethnique en Cisjordanie, il est plus important que jamais que le public canadien prenne conscience de cette expérience déterminante vécue par les Canadiens d’origine palestinienne, et qu’il comprenne que la Nakba ne s’est pas terminée en 1948. »
La Nakba, qui signifie « catastrophe » en arabe, désigne le nettoyage ethnique de la Palestine par Israël, notamment l’expulsion historique et continue des Palestiniens et leur déplacement qui s’ensuit, la destruction des villes et villages palestiniens, ainsi que d’autres tentatives visant à éradiquer le peuple palestinien de sa terre ancestrale, sur le territoire qui est devenu l’État d’Israël. CJPMO a déjà soutenu les efforts de défense des droits menés par des Canadien·nes d’origine palestinienne afin que leurs expériences soient reconnues et représentées au sein du musée national canadien consacré aux droits de la personne. L’organisation se réjouit de voir ce partenariat important se concrétiser enfin.
Malheureusement, CJPMO a connaissance des pressions considérables exercées contre le Musée par des organisations pro-israéliennes, qui ont cherché à faire annuler l’exposition afin d’empêcher la prise en compte des points de vue palestiniens. CJPMO constate avec frustration que des groupes pro-israéliens sont même allés jusqu’à accuser à tort le Musée de complicité d’ingérence étrangère en raison d’une rencontre avec un représentant de l’État de Palestine. Par ailleurs, une ONG juridique israélienne connue pour sa collaboration avec le Mossad menace de demander une injonction pour faire fermer l’exposition, ce qui constitue un exemple concret et alarmant de tentative d’ingérence étrangère et de répression transnationale de la part d’Israël. Le CJPMO remercie le Musée d’avoir maintenu son exposition et d’avoir affirmé que « les récits des Canadiens d’origine palestinienne ont leur place dans ce Musée », et apprécie que le ministre Miller ait refusé d’intervenir dans l’indépendance de la programmation du Musée.
« Le déni de la Nakba est un déni de génocide et une forme de racisme anti-palestinien », a déclaré Michael Bueckert, vice-président de CJPMO. « Ceux qui tentent de faire fermer cette exposition veulent empêcher les Canadiens d’entendre des récits palestiniens qui pourraient jeter un éclairage négatif sur les actions de l’État israélien. Or, le rôle du Musée est de raconter les histoires de ceux qui ont subi des violations des droits de la personne, et non de protéger la réputation des auteurs de ces violations. »
