Le bilan des intentions : examen de l'impact génocidaire de l'attaque israélienne contre Gaza

Ce rapport synthétise les données existantes pour estimer qu'entre 14 % et 20 % de la population de Gaza avant le 7 octobre 2023 (environ 341 000 à 480 800 Palestiniens) pourrait finalement être tuée à la suite des opérations israéliennes et des conditions qui en découleront d'ici 2030, sans une intervention urgente du Canada et de ses alliés. Le rapport utilise les estimations et les modèles existants pour définir diverses projections du nombre de décès palestiniens selon les différents scénarios possibles de la campagne militaire israélienne à Gaza. Le rapport conclut que les preuves d'un génocide commis par Israël sont solides et étayées par un nombre croissant de publications universitaires et de documents officieux provenant de l'ONU et d'ONG.

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Résumé

Il est essentiel de commencer à comprendre le coût humain de l'occupation actuelle de Gaza par Israël afin de proposer une politique à l'égard d'Israël et de la Palestine. La situation sur le terrain en Palestine doit guider notre stratégie pour aider les Palestiniens à reconstruire leur vie et leurs communautés. Elle nous aide également à tenir Israël responsable de l'impact de ses crimes à Gaza.

Ce rapport compile les preuves de plus en plus nombreuses de l'ampleur des horreurs subies par les Palestiniens à Gaza, ainsi que des pertes humaines causées par les crimes d'Israël. Il synthétise la littérature existante sur le nombre de victimes à Gaza, dans le contexte du consensus émergent selon lequel les attaques d'Israël contre Gaza constituent un génocide..[i] Pour ce faire, nous avons procédé à une analyse de la littérature grise produite par les Nations unies, des groupes de réflexion et d'éminentes organisations non gouvernementales (ONG). Tout au long de ce rapport, nous avons mis à jour les calculs précédents en fonction de la date actuelle et du contexte du conflit. Nous avons également fourni une fourchette de totaux potentiels de décès indirects basée sur les différents scénarios de taux de mortalité décrits dans la littérature sur les conflits civils violents.

Principales conclusions

  • Au 19 octobre 2025, le nombre de décès directs à Gaza est estimé entre 64 600 et 96 100, selon différentes analyses du décompte officiel du ministère de la Santé de Gaza (GMoH), qui est de 68 500. Il y a de très bonnes raisons de considérer le chiffre du GMoH comme un minimum.
  • Nous pouvons affirmer avec certitude que les attaques israéliennes tueront au moins 193 800 personnes, soit 8 % des 2,4 millions de Palestiniens de Gaza, avant le 7 octobre 2023 ; selon des estimations prudentes, plus de 120 100 personnes, soit 5 %, ont déjà été tuées.
  • Les projections qui supposent que les actions d'Israël tueront environ 480 800 personnes, soit 20 % de la population de Gaza avant le 7 octobre 2023, sont très plausibles et devraient être utilisées dans l'élaboration des politiques et la planification.
  • Des scénarios plus pessimistes suggèrent la possibilité que plus de 682 000 à 961 600 Palestiniens, soit 28 à 40 % de la population de Gaza avant le 7 octobre 2023, finissent par être tués à la suite des opérations israéliennes. Il convient de se préparer à ces scénarios.
  • Le scénario le plus extrême, le « pire scénario » des attaques israéliennes, prévoit une perte finale de vies humaines équivalente à environ 67 % de la population de Gaza avant le 7 octobre 2023. La fiabilité de ces projections est beaucoup plus faible et elles doivent être abordées avec la plus grande prudence et la plus grande retenue.
  • Dans toutes les projections, la grande majorité des décès sont dus aux attaques israéliennes contre les déterminants sociaux de la santé à Gaza.
  • Ces « décès indirects » se poursuivront pendant des années, environ 38 % du nombre total de décès survenant dans les cinq ans suivant la fin des combats. Certains de ces décès sont évitables et devraient servir de base à l'élaboration de politiques et à la planification.
  • Les arguments selon lesquels Israël a commis un génocide sont solides et étayés par un nombre croissant de documents officieux et universitaires provenant de l'ONU et d'ONG. Cette thèse est particulièrement solide dans le contexte historique de la colonisation israélienne visant à annexer l'ensemble de la Palestine historique, avec l'intention délibérée d'expulser la grande majorité des Palestiniens de cette terre par le biais d'un nettoyage ethnique ou d'un génocide.

Résumé des recommandations

Compte tenu de ses obligations juridiques, nous recommandons au gouvernement du Canada :

  1. De reconnaître officiellement qu'Israël a commis un génocide à Gaza.
  2. Soutienne la plainte pour génocide déposée par l'Afrique du Sud contre Israël devant la CIJ.
  3. Accepte les Palestiniens évacués de Gaza au Canada par toutes les voies migratoires.
  4. Défende publiquement les institutions multilatérales contre les attaques d'Israël et des États-Unis.
  5. Mène des enquêtes indépendantes sur les crimes de guerre commis par des Canadiens à Gaza.
  6. Cesse toute livraison d'armes de fabrication canadienne à Israël.
  7. Impose des sanctions économiques croissantes à Israël jusqu'à ce qu'il mette fin à l'occupation illégale de l'État de Palestine.
  8. Jouer un rôle de premier plan dans la reconstruction des systèmes de santé publique et de santé de la population à Gaza.

Compte tenu des obligations légales du Canada, nous recommandons à tous les parlementaires :

  1. De reconnaître les actions d'Israël à Gaza comme un génocide en adoptant des motions au Parlement.
  2. De déclarer publiquement qu'Israël a commis un génocide et d'appeler à des sanctions immédiates et croissantes.
  3. De voter en faveur du projet de loi C-233, la loi intitulée « No More Loopholes Act » (loi visant à éliminer les lacunes).