Montréal, le 20 avril 2026 — Canadiens pour la justice et la paix au Moyen-Orient (CJPMO) réitère son opposition au nouveau drone de surveillance canadien fourni par la société d’armement israélienne Elbit Systems, qui est profondément complice du génocide perpétré par Israël à Gaza. Le drone ayant récemment été transféré de Transports Canada à la Défense nationale, CJPMO craint que son rôle « civil » ne se transforme facilement en applications létales, ce qui constituerait un glissement inquiétant par rapport à son objectif déclaré. CJPMO exhorte le Canada à rompre tout lien avec Elbit Systems et à interdire tout achat futur auprès de fabricants d’armes israéliens complices de l’occupation illégale, de l’apartheid et du génocide perpétrés par Israël contre le peuple palestinien.
« Le contrat canadien pour ce drone israélien, qui bénéficie de l’expérience d’Elbit en matière de “tests au combat” de ses armes sur les Palestiniens à Gaza, aurait dû être annulé il y a des années. Ce sont des armes imprégnées de sang qui n’ont pas leur place dans l’espace aérien canadien. Maintenant qu’il est arrivé, il servira pendant des années de rappel honteux dans notre ciel de la complicité du Canada dans le génocide », a déclaré Michael Bueckert, vice-président de CJPMO.
Les drones Hermes d’Elbit ont été régulièrement utilisés par Israël pour tuer des civils palestiniens à Gaza, y compris des enfants. Un drone Hermes 450 a été utilisé pour assassiner un travailleur humanitaire canadien à Gaza en 2024.
Fin 2020, le Canada a signé un contrat de 36 millions de dollars avec Elbit pour un drone Hermes 900 StarLiner, officiellement à des fins de surveillance. Bien que le StarLiner soit censé être une version « civile » modifiée des autres drones Hermes d’Elbit, il est « adapté à des applications militaires et commerciales ». La propriété du drone a désormais été transférée à la Garde côtière, qui relève désormais du ministère de la Défense nationale et se verra confier des rôles de « sécurité » élargis si le projet de loi C-2 est adopté. Le CJPMO craint que l’évolution de la structure de propriété de ce drone ne signifie que les assurances initiales concernant son usage civil ne tiennent pas éternellement.
CJPMO appelle le Canada à exclure fermement toute possibilité future d’utilisation militaire de ce drone et à mettre fin à toute relation en cours avec Elbit liée à ce contrat. CJPMO exhorte en outre le Canada à interdire l’achat de matériel militaire auprès des entreprises d’armement israéliennes responsables de crimes de guerre et de génocide contre les Palestiniens.
Un dossier d’information à l’intention des médias est disponible ci-dessous.
Dossier d'information à l'intention des médias : Elbit Systems et le Canada
Contrat de 36 millions de dollars conclu par le Canada pour un Elbit Hermes 900 Starliner
En décembre 2020, Transports Canada a signé un contrat de 36 millions de dollars avec Elbit Systems, la plus grande entreprise d'armement d'Israël. Le contrat porte sur le Hermes 900 StarLiner, une version « civile » du drone militaire létal d'Elbit, le Hermes 900. Le contrat comprend également des services tels que des liaisons de communication, des stations de contrôle au sol, des ensembles de capteurs, et plus encore. Ce drone est destiné à la surveillance dans l'Arctique. Sa livraison était initialement prévue pour décembre 2022, mais elle n'a finalement eu lieu qu'en septembre 2025.
Malgré la nature prétendument « civile » du drone acheté, l’Hermes 900 StarLiner serait « adapté à des applications militaires et commerciales » et pourrait transporter « des charges utiles de guerre électronique pour fournir une capacité d’attaque électronique aéroportée ». Certaines des charges utiles optionnelles d’Elbit pouvant être ajoutées au drone se vantent d’avoir fait leurs preuves au combat.
Bien que le drone ait été initialement acheté par Transports Canada, depuis le 1er avril 2026, sa Direction des services aéronautiques (ASD) a été transférée à la Garde côtière canadienne (GCC), qui a elle-même été intégrée au ministère de la Défense nationale (MDN). La GCC reste une agence civile, bien qu’elle relève du MDN, et la CBC rapporte que les responsables fédéraux affirment n’avoir « aucun projet de militarisation de la Garde côtière ni de lui attribuer un rôle de maintien de l’ordre » et que la Garde côtière « restera en dehors de la chaîne de commandement militaire ». Il n'y a toutefois aucune garantie que cela restera le cas, et le projet de loi C-2 (loi sur le renforcement des frontières) « élargirait les services de la GCC pour y inclure des activités de sécurité », notamment des « patrouilles de sécurité ».
Les drones Elbit et le génocide israélien à Gaza
Elbit Systems affirme fièrement que le drone acheté par le Canada s'appuie sur l'« héritage » de ses drones militaires. En réalité, Elbit fournit 85 % des drones utilisés par l'armée israélienne pour surveiller et attaquer les Palestiniens en Cisjordanie et à Gaza. Le Hermes 900 a été testé pour la première fois lors de l’offensive israélienne sur Gaza en 2014, au cours de laquelle les frappes de drones israéliens ont à elles seules tué 840 Palestiniens, dont 164 enfants. C’est notamment un missile lancé par un drone Hermes 450 qui a tué quatre enfants jouant au football sur une plage cette année-là. Pendant les bombardements, les bénéfices d’Elbit ont explosé.
En mai 2021, lors de l'attaque israélienne contre Gaza (« Opération Gardien des murs ») qui a tué au moins 253 personnes, dont 66 enfants, la technologie d'Elbit a joué un rôle majeur dans ces violences. Le système de technologie de commandement et de contrôle d’Elbit a été utilisé par l’armée israélienne pour « accélérer le processus de ciblage » qu’Israël a utilisé pour coordonner ses attaques sur Gaza. Les drones armés Hermes 450 et 900 d’Elbit ont également été utilisés par l’armée israélienne pour bombarder Gaza avec des missiles. Au cours de cette offensive, 22 civils palestiniens ont été tués par des frappes de drones israéliens.
Au cours de l'offensive israélienne de trois jours contre Gaza en août 2022 (« Opération Breaking Dawn »), qui a fait au moins 49 morts, dont 17 enfants, les commandants israéliens se sont vantés d'avoir frappé « des dizaines » de cibles, « principalement à l'aide de l'Hermes 450 d'Elbit », en plus du rôle des drones dans la surveillance intensive à des fins d' , notamment pour le ciblage militaire : « L'ensemble de Gaza est « couvert » par des drones qui collectent des renseignements 24 heures sur 24. »
Les drones d’Elbit ont joué un rôle crucial dans la campagne génocidaire menée par Israël à Gaza depuis 2023, qui a fait au moins 70 373 morts, dont 20 179 enfants. En avril 2024, Israël a utilisé un drone Hermes 450 dans le cadre d’une série de frappes aériennes contre un convoi humanitaire de World Central Kitchen, tuant le travailleur humanitaire canadien Jacob Flickinger ainsi que six volontaires internationaux et palestiniens.
Outre les drones, Elbit Systems produit des munitions au phosphore blanc (une arme chimique), des bombes à fragmentation (illégales en vertu du droit international), des balles de sniper, ainsi que des composants pour chars et avions de combat.
Au-delà des drones : les achats canadiens auprès d'Elbit Systems
Le gouvernement canadien recense 47 contrats de plus de 10 000 dollars conclus avec Elbit Systems et ses filiales depuis 2004, la plupart d'entre eux ayant été signés avec la Défense nationale.
En décembre 2021, le Canada a également attribué un contrat de 8,6 millions de dollars à Elbit Systems pour sa technologie de « gestion de combat » Torch X, présentée comme « éprouvée sur le terrain » et ayant été utilisée à Gaza en 2021. Celle-ci servira à soutenir les « missions aériennes » et les « opérations de forces opérationnelles interarmées » du Canada.
En 2023, Elbit a remporté un contrat (montant non divulgué) avec Airbus Defence and Space pour fournir des systèmes d’alerte antimissile et des contre-mesures sur les avions de ravitaillement militaires du Canada.
