Montréal, le 10 novembre 2025 – Canadiens pour la justice et la paix au Moyen-Orient (CJPME) a publié aujourd'hui un nouveau rapport intitulé Le bilan des intentions : examen de l'impact génocidaire de l'attaque israélienne sur Gaza qui synthétise les données existantes pour estimer qu'entre 14 % et 20 % de la population de Gaza avant le 7 octobre 2023 (environ 341 000 à 480 800 Palestiniens) pourrait finalement être tuée d'ici 2030 en raison des opérations israéliennes et des conditions catastrophiques qui en découlent, sans une intervention urgente du Canada et de ses alliés. Le rapport utilise les estimations médicales et les modèles existants pour définir diverses projections du nombre de décès palestiniens selon les différents scénarios possibles de la campagne militaire israélienne à Gaza. Le rapport conclut que les preuves d'un génocide commis par Israël sont solides et étayées par un nombre croissant de publications universitaires et de littérature grise provenant de l'ONU et d'ONG.
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« Carney, comme Trudeau avant lui, a tenté d'éviter de nommer ce que nous pouvons tous observer. Non seulement Israël a commis un génocide à Gaza, mais ses politiques ont entraîné un nombre de morts stupéfiant qui est en passe de rivaliser avec certains des pires génocides de l'histoire moderne », a déclaré Alex Paterson, auteur du rapport et directeur principal de CJPME. « Le Canada est légalement tenu d'agir pour prévenir le génocide et ne peut attendre que la Cour internationale de justice rende une décision définitive. Il s'agit simplement d'une nouvelle tactique dilatoire parmi tant d'autres auxquelles nous avons assisté de la part du Canada, qui semble attendre soit qu'Israël achève son travail, soit que quelqu'un d'autre au sein de la communauté internationale intervienne pour mettre fin au génocide perpétré par Israël. »
Principales conclusions du rapport
Le rapport souligne que la grande majorité des décès sont, et seront, des « décès indirects », résultant de la destruction systématique par Israël des infrastructures civiles qui soutiennent les déterminants sociaux de la santé dans toute la bande de Gaza, en particulier les attaques contre les logements et la sécurité alimentaire, ainsi que la destruction du système de santé.
- Décès directs : Au 19 octobre 2025, le nombre de décès violents directs à Gaza est estimé entre 64 600 et 96 100, le chiffre officiel du ministère de la Santé de Gaza de 68 500 étant considéré comme le minimum raisonnable par la plupart des observateurs.
- Bilan civil : sur ces 68 500 décès, les estimations les plus prudentes suggèrent qu'au moins 56 600 civils palestiniens (83 %) ont été directement tués par Israël à Gaza. Ce nombre augmente selon les projections les plus élevées.
- Bilan actuel : selon les projections utilisées, le nombre actuel de victimes devrait être estimé entre 120 000 et 595 800. Nous pouvons affirmer avec une très grande certitude qu'un total d'au moins 298 000 morts est non seulement plausible, mais aussi le chiffre le plus probable d'après la littérature.
- Catastrophe à long terme : le rapport avertit qu'environ 38 % du nombre total de décès devraient survenir dans les cinq ans suivant la fin des combats, car la reconstruction des infrastructures sociales et sanitaires à Gaza prendra des décennies.
- Décès indirects : en appliquant la littérature scientifique bien établie sur les ratios de mortalité dans les conflits (4 décès indirects pour 1 décès direct) à la fourchette des estimations du nombre de morts à Gaza, on prévoit entre 272 800 et 384 400 décès indirects à terme. Cela représenterait 14 à 20 % (341 000 à 480 500) de la population palestinienne de Gaza avant le 7 octobre 2023 qui serait tuée d'ici 2030.
- Intention génocidaire : L'anéantissement systématique des infrastructures essentielles de Gaza, notamment la destruction de 94 % des hôpitaux, de plus de 80 % des installations d'approvisionnement en eau et d'assainissement et de 62 % du parc immobilier, est mis en avant comme preuve que la stratégie d'Israël consiste à créer délibérément les conditions propices à des décès indirects massifs et à rendre Gaza invivable.
