Fiche-info 96, publiée en septembre 2010: Cette fiche d’information explique les deux raisons principales pour lesquelles CJPMO encourage un boycott d’Israël : Premièrement, parce que plus de 170 organisations de la société civile palestinienne ont demandé un tel boycott, afin d’exercer des pressions sur Israël pour que le pays cesse de violer le droit international et les droits humains des Palestiniens. Deuxièmement, parce que de nombreuses multinationales et entreprises israéliennes violent les lois internationales en investissant et en profitant de l’occupation israélienne des territoires palestiniens. Cette fiche-info se penche également sur la mise au point de la campagne de boycott ciblée de CJPMO, sur la manière dont les membres peuvent s’investir et sur les raisons qui assurent le succès d’une telle campagne.

La campagne de boycottage d’Israël de CJPMO

Série Fiche-info N.96, créée: Septembre 2010, Canadiens pour la Justice et la Paix au Moyen-Orient
 
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fs96.pngPourquoi CJPMO appelle-t-elle au boycottage d’Israël ?

CJPMO avance deux raisons pour le boycottage d’Israël :

D’abord, plus de 170 organisations de la société civile palestinienne ont demandé le boycottage dans le but de presser Israël à cesser de violer et le droit international et les droits humains des Palestiniens. En juillet 2005, 170 organisations de la société civile palestinienne ont lancé un appel à la communauté internationale pour amorcer une campagne de boycottage, désinvestissement et sanctions (BDS) contre Israël.[1] [2] La campagne a été mise en route car les tentatives de la communauté internationale à « l’engagement constructif » pour influencer la conduite d’Israël (par le dialogue, la pression à l’ONU, etc.) n’ont eu aucun succès. Les gouvernements successifs d’Israël ont ignoré des douzaines de résolutions de l’ONU qui condamnaient l’occupation militaire des territoires palestiniens, l’occupation du plateau du Golan, le siège de Gaza, l’établissement de colonies illégales dans les territoires palestiniens occupés et la discrimination systémique contre les Palestiniens habitant les territoires occupés ou Israël. En refusant de mettre fin à ces actions, les gouvernements d’Israël ont trahi la plupart de leurs engagements clés contractés lors de la signature d’accords de paix. Puisque Israël est une nation qui tient à son image et qui dépend du commerce extérieur, un boycottage pourrait bien réussir là où la diplomatie, le dialogue et les négociations ont échoué.

Ensuite, plusieurs multinationales et plusieurs entreprises israéliennes contreviennent au droit international en tirant des profits de l’occupation des territoires palestiniens par Israël ou en y investissant.  Pour ne citer que quelques exemples:

  • Caterpillar vend des bulldozers à Tsahal, l’armée israélienne, qui les utilise souvent pour détruire des habitations et des oliveraies palestiniennes pour faire place à des colonies israéliennes illégales construites en Cisjordanie. L’établissement de colonies contrevient à l’article 49 de la 4e Convention de Genève qui interdit à la puissance occupante de déplacer sa population dans les territoires occupés.
    • IKEA livre du mobilier aux colons israéliens vivant dans les colonies illégales dans les territoires palestiniens occupés (TPO), ce qui stabilise et normalise le processus de colonisation.
    • IBM est présente à plusieurs niveaux dans l’économie israélienne et a remporté plusieurs appels d’offres lancés par Tsahal pour de la technologie.
    • Source Vagabond Systems et d’autres distributeurs militaires israéliens fournissent des systèmes d’hydratation et de l’équipement de plein air aux soldats israéliens pour assurer leur confort pendant l’occupation des territoires palestiniens. Ces entreprises distribuent aussi leurs articles dans des magasins canadiens tels que Mountain Equipment Co-op (MEC).
    • Motorola USA et sa filiale en propriété exclusive Motorola Israel développent et fournissent de l’équipement à l’armée israélienne et aux colons, incluant des détonateurs, des systèmes de communication militaire et des systèmes de surveillance pour le mur de séparation et les colonies israéliennes illégales.
    • Ahava produit des crèmes et des produits cosmétiques à Mitzpe Shalem, une colonie israélienne en Cisjordanie. L’entreprise exploite des ressources naturelles palestiniennes (des sels minéraux et du sel de la mer Morte) obtenues illégalement pour ses produits. Ces produits sont vendus dans des grands magasins et des pharmacies au Canada et ailleurs.
    • La Golan Heights Winery et d’autres vignobles israéliens produisent du vin sur le plateau du Golan, territoire de Syrie occupé par Israël depuis la guerre de 1967. Les vins provenant du plateau du Golan représentent environ 38 % des 22 M$ d’exportation annuelle de vin d’Israël.[3] [4] Ils sont vendus au Canada comme étant des vins d’Israël.

Les exportations israéliennes d’autres produits, même ceux qui ne sont pas directement impliqués dans l’occupation, soutiennent aussi l’économie d’Israël. Cela a permis aux gouvernements successifs, tous en faveur de l’occupation et de la colonisation des terres palestiniennes, d’être réélus.

 

Sur quoi se concentre la campagne de boycottage ciblé de CJPMO ?

CJPMO a lancé une campagne de boycottage ciblé qui met l’accent sur deux points en particulier :

Les produits de consommation : CJPMO appel au boycottage des produits de consommation et des points de vente, surtout pour les produits :

  • fabriqués par des entreprises, israéliennes ou non, qui participent d’une manière ou d’une autre à l’occupation des territoires palestiniens. Ces entreprises peuvent avoir des installations dans les territoires occupés ou vendent leurs produits au gouvernement ou à l’armée d’Israël, aidant ainsi l’occupation. Le boycottage s’applique aussi aux distributeurs canadiens qui vendent les produits de ces entreprises.
  • fabriqués par des entreprises israéliennes. Le boycottage d’entreprises israéliennes envoie un message clair que le comportement illégal d’Israël dans les territoires palestiniens occupés ne sera pas toléré par la communauté internationale. Une telle action internationale enverra un signal fort à Israël.

Les artistes : CJPMO appelle les artistes à refuser de se produire en Israël.

  • CJPMO demande aux artistes de refuser de se produire en Israël jusqu’à ce que cesse l’occupation. Bien que l’impact économique du « boycottage culturel » soit limité, l’impact symbolique, lui, est incontestable. L’un des facteurs importants ayant contribué à la fin de l’apartheid sud-africain était le boycottage par les artistes. Dans la culture mondiale d’aujourd’hui, les Israéliens, tout comme les citoyens d’ailleurs, sont enthousiastes à l’idée d’assister aux concerts de groupes de musique populaires de l’étranger. Certains affirment que ces concerts indiquent que la communauté internationale appuie Israël, c’est-à-dire que les résolutions de l’ONU critiques d’Israël n’ont pas à être prises trop au sérieux pour l’instant. Elvis Costello et plusieurs autres artistes ont courageusement refusé de se produire en Israël. Le boycottage de consommation et le refus des artistes de se produire en Israël enverront un message fort aux Israéliens et à leur gouvernement à l’effet que la communauté internationale considère l’occupation répugnante.

 

Comment les membres de CJPMO peuvent-ils s’impliquer ?

Il y a plusieurs façons d’appuyer la campagne de boycottage de CJPMO, qui est très bien documentée sur le site Web de CJPMO. Pour plus d’information sur la stratégie de boycottage de CJPMO, consultez www.cjpmo.org/bds.htm. Pour les éléments spécifiques du boycottage de consommation de CJPMO, consultez www.cjpmo.org/consumerboycottage.htm, les éléments spécifiques du boycottage culturel de CJPMO, consultez www.cjpmo.org/culturalboycottage.htm. Vous trouverez dans le Centre du boycottage du site Web de CJPMO les renseignements suivants pour chaque campagne de boycottage active :

  • Les faits et les raisons pour lesquels CJPMO recommande le boycottage d’un produit ou d’un distributeur.
  • Des lettres et d’autres outils permettant aux participants du boycottage de communiquer clairement les raisons du boycottage aux entreprises boycottées et à leurs représentants.
  • Des appels à l’action électroniques permettant aux participants d’envoyer des courriels aux cadres d’entreprises pour leur expliquer les raisons du boycottage.
  • Des suggestions pour acheter ailleurs pour permettre aux citoyens de mener le boycottage.
  • Des occasions de développer des groupes de boycottage qui pourront éventuellement agir de concert.

 

La campagne BDS réussira-t-elle ?

Israël dépend du commerce extérieur, contrairement à la Corée du Nord par exemple. En refusant d’acheter les produits d’Israël, on démontre notre refus de l’occupation. Stratégie simple et non-violente, le boycottage réussira si assez de participants y prennent part en rendant le coût économique et politique de l’occupation impossible à soutenir pour le gouvernement d’Israël.

Israël est une nation soucieuse de son image et cherche à s’intégrer à la communauté des démocraties occidentales. Beaucoup d’Israéliens ont des amis et de la famille à l’étranger. Une campagne BDS efficace indiquera aux Israéliens qu’on n’accepte pas les arguments selon lesquels l’occupation est nécessaire ou justifiable.

 

Combien de temps prendra la campagne BDS ?

En Afrique du Sud, l’apartheid a pris fin 30 ans après le début du boycottage culturel. Ce boycottage a pris de l’élan très lentement et n’a reçu l’appui des gouvernements des États-Unis et du Canada que tard dans la campagne. Maintenant, avec internet, les citoyens et les artistes peuvent être informés plus rapidement du boycottage d’Israël et peuvent commencer plus tôt à faire des choix éthiques.



[1] Palestinian Civil Society Calls for Boycottage, Divestment and Sanctions against Israel Until it Complies with International Law and Universal Principles of Human Rights, 9 juillet 2005, Palestine Solidarity Campaign, http://www.palestinecampaign.org/Index5b.asp?m_id=1&l1_id=19&l2_id=55, accédé le 12.08.2010.

[2] Plusieurs organismes israéliens de défense des droits humains, comme le Israeli Committee Against House Demolitions, soutiennent aussi le BDS.

[3] Ringler, Elana. « Israeli wine flows onto international shelves », Reuters. 18 août 2009.

[4] « Israeli Wine Information Sheet 2006 », site internet officiel du ministère des Affaires étrangères du gouvernement d’Israël. http://berlin.mfa.gov.il/mfm/web/main/document.asp?DocumentID=94104&MissionID=88

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