Déclaration commune de : World Beyond War, Mouvement de la jeunesse palestinienne, Canadiens pour la justice et la paix au Moyen-Orient (CJPMO) et la campagne Arms Embargo Now
Montréal, le 1er août 2025 — La déclaration faite aujourd'hui par la ministre Anand s'inscrit dans une logique de tromperie. Cette déclaration ne nie pas que le Canada continue d'expédier des armes à Israël, mais tente plutôt de brouiller les pistes afin de semer la confusion dans l'esprit du public.
Notre rapport expose en détail, à l'aide de preuves provenant de registres d'expédition détaillés et de données de l'Autorité fiscale israélienne (ITA), que près de 400 exportations militaires canadiennes, dont des composants et des munitions pour le F-35, ont été envoyées à Israël, certaines aussi récemment que la semaine dernière.
Depuis plus d'un an, on nous sert les mêmes mensonges : le Canada prétend avoir mis fin à ses ventes d'armes à Israël, mais les armes canadiennes continuent d'alimenter ce génocide. C'est toujours la même chose : des affirmations vagues et changeantes de la part du gouvernement, en particulier concernant les permis, qui tournent en rond pour éviter de rendre des comptes.
Si le Canada veut vraiment mettre fin à ce génocide, la solution est évidente : un embargo total et immédiat sur les armes dans les deux sens. Toute autre mesure ne serait qu'un prétexte pour maintenir le statu quo.
Passons maintenant aux points précis soulevés par la ministre Anand :
La ministre Anand déclare :
Les articles identifiés comme des « balles » sont en fait des projectiles de type paintball. Ils sont accompagnés d'équipements conçus pour rendre une arme à feu inutilisable avec des munitions traditionnelles. Ils ne peuvent pas être utilisés au combat et, s'ils l'étaient, ils nécessiteraient un permis qui ne serait pas accordé.
La vérité :
Les articles identifiés comme des balles dans le rapport sont identifiés comme des « balles » par l'Autorité fiscale israélienne (ITA) – code douanier : 93069010 – d'une valeur de plus de 379 000 dollars ; et classés dans les codes SH canadiens dans la catégorie « Bombes, grenades, torpilles, mines, missiles et munitions de guerre similaires et leurs parties ; cartouches et autres munitions et projectiles et leurs parties, y compris les plombs et les bourres de cartouches ».
Selon l'Autorité fiscale israélienne – code douanier, les marqueurs de paintball et les armes non létales similaires – telles que les armes à air comprimé, à ressort ou à gaz – sont classés sous la rubrique 9304.
Sur la base des données de l'ITA, le rapport confirme que 175 000 balles militaires ont été expédiées du Canada vers Israël au cours du seul mois d'avril 2025 et qu'un demi-million de balles ont été expédiées depuis octobre 2023.
De plus, la CBC, le Toronto Star et la Presse canadienne ont tous vérifié indépendamment ces données et confirmé que l'ITA avait classé ces expéditions comme des balles.
Même si le gouvernement canadien dit la vérité et que les balles sont mal classées, il est inacceptable que le Canada exporte des centaines de milliers de balles d'entraînement vers Israël pour alimenter le génocide à Gaza.
La ministre Anand déclare :
Aucun mortier n'a été expédié par des fabricants canadiens à Israël, que ce soit directement ou indirectement, depuis la suspension des permis.
La vérité :
Nous n'avons pas suivi ces expéditions dans le présent rapport, mais nous notons que la Corporation commerciale canadienne (CCC) a négocié un accord pour exporter ces mortiers vers Israël.
Des documents récents du département d'État américain révèlent que l'usine General Dynamics Ordnance and Tactical Systems Inc. au Québec est le contractant désigné pour une vente nouvellement approuvée, d'un montant de 83,7 millions de dollars, de 50 000 cartouches de mortier hautement explosives à l'armée israélienne. Cet achat devait être transféré aux États-Unis, puis à Israël.
La ministre Anand déclare :
À aucun moment, des matières explosives telles que des balles ou d'autres munitions ne sont transportées à bord d'avions de passagers. Affirmer le contraire est tout simplement faux.
La vérité :
Bien que nous soyons soulagés d'apprendre que des matières explosives ne sont pas transportées à bord des vols commerciaux canadiens sous les sièges des passagers — ce que le rapport n'affirmait pas —, ce rapport a révélé qu'une série de composants militaires étaient transportés à bord d'avions commerciaux. Depuis la publication du rapport, cela a été confirmé par l'une des entreprises concernées, Nexeya, à un journaliste de Toronto. Le rapport confirme en outre que cette cargaison particulière était composée de systèmes de test électroniques utilisés sur des avions de combat israéliens.
