Montréal, le 6 juin 2025 - Canadiens pour la justice et la paix au Moyen-Orient (CJPMO) est indigné d'apprendre que le Canada a continué d'exporter 18 906 035,86 $ en biens et technologies militaires vers Israël en 2024, selon le rapport annuel du Canada sur les exportations militaires qui vient d'être publié. Malgré une « pause » sur les nouvelles approbations d'exportation en janvier 2024, le Canada a continué à transférer des armes et des composants dans un contexte de génocide à un taux significatif, faisant de 2024 la sixième année la plus élevée dans les annales. CJPMO réitère son appel pour que le Canada impose un embargo sur les armes dans les deux sens en utilisant la Loi sur les mesures économiques spéciales et mette enfin un terme à tout commerce militaire entre le Canada et Israël.
"Ces chiffres sont incroyablement accablants. Face à toutes les horreurs dont nous avons été témoins à Gaza, le commerce d'armes entre le Canada et Israël n'a pas cessé. En fait, il s'est poursuivi à des taux historiquement élevés", a déclaré Michael Bueckert, président par intérim de CJPMO. Assez de ces « pauses » cyniques et de ces demi-mesures qui n'abordent pas la complicité du Canada dans le génocide. Le Premier ministre Carney doit imposer un embargo complet sur les armes et mettre fin au commerce militaire avec Israël une fois pour toutes", a ajouté M. Bueckert.
Les principales catégories de biens militaires que le Canada a exportés vers Israël en 2024 comprennent ceux liés aux engins spatiaux militaires (12 501 490,50 $), aux avions militaires (2 874 794,93 $), aux bombes, torpilles, missiles et/ou composants connexes (2 254 085,13 $), tandis que d'autres catégories importantes concernent les navires de guerre et les véhicules terrestres.

CJPMO soutient que ces nouvelles données révèlent la faiblesse des restrictions canadiennes en matière d'armement pour Israël. Avec une pause sur les nouvelles approbations d'exportation imposée le 8 janvier 2024, le Canada n'a pas approuvé de nouvelles licences, à l'exception de deux (2) au cours de la première semaine de l'année. Toutefois, les entreprises canadiennes ont pu utiliser 164 licences en 2024, ce qui place Israël parmi les cinq premières destinations non américaines pour les licences militaires d'exportation utilisées. Cela s'explique par le fait que le Canada a approuvé fin 2023, pendant les premiers mois du génocide, des licences d'exportation militaire d'une valeur de 28,5 millions de dollars, qui ont été exemptées des restrictions ultérieures.
CJPMO souligne que les données du rapport n'incluent généralement pas les armes transférées à Israël via les États-Unis, ce qui est largement non réglementé, non signalé et sans évaluation des droits de la personne. Le Canada continue d'exporter un volume inconnu de produits militaires par le biais de cette faille. Par exemple, un rapport récent a révélé qu'une société d'État canadienne a négocié un contrat pour l'exportation de 78,8 millions de dollars canadiens de propulseurs d'artillerie à l'armée israélienne via les États-Unis. De même, Project Ploughshares estime que des technologies canadiennes d'une valeur de 120,9 millions de dollars canadiens ont été fournies pour produire des F-35 spécifiquement destinés à l'armée israélienne via les États-Unis. CJPMO demande la fermeture immédiate de toutes les failles qui permettent aux biens et technologies militaires canadiens d'atteindre Israël.
