Un sondage révèle que le racisme anti-arabe est un problème inquiétant au Canada

Survey_-_prejudice_(3).pngMontréal, le 28 octobre 2021  — Un sondage d’opinion canadienne mené par les Associés de recherche EKOS révèle un problème inquiétant d’attitudes racistes envers les Arabes au Canada. Le sondage a révélé que les Canadiens ont une opinion plus négative de l’immigration en provenance des pays arabes que de l’immigration en général, et que les Canadiens ont des stéréotypes négatifs sur les Arabes et les sociétés arabes. En même temps, l’enquête montre que les Canadiens reconnaissent que le racisme anti-arabe est un problème, qu’ils sont généralement opposés au profilage racial des Arabes, et qu’ils reconnaissent que divers obstacles peuvent nuire à la capacité des Arabo-Canadiens de trouver un emploi. Finalement, les résultats du sondage montrent que les Canadiens tiennent les Arabes moins responsables qu’Israël de la prolongation du « conflit israélo-arabe », et soutiennent les mesures proactives visant à tenir Israël pour responsable.

Le sondage a également été coparrainé par les Canadiens pour la justice et la paix au Moyen-Orient (CJPMO), la Fédération Canado-Arabe (CAF) et l’Association des avocats arabo-canadiens (ACLA). Tous les résultats du sondage, graphiques et le rapport intitulé « Marginalisés et incompris : enquête sur les attitudes à l’égard des Arabes et du racisme anti-arabe au Canada » peuvent être consultés à l’adresse https://fr-cjpme.nationbuilder.com/survey2021.

Ces résultats montrent que les Canadiens sont 10% plus opposés à l’immigration en provenance des pays arabes qu’à l’immigration en général. Dans l’ensemble, 38% des Canadiens pensent qu’il y a trop d’immigrants arabes, ce nombre monte à 68% au sein des partisans du parti conservateur. L’enquête révèle également que les Canadiens ont tendance à percevoir les Arabes de manière beaucoup plus négative que les personnes d’autres origines, en attribuant systématiquement aux Arabes une note inférieure pour les stéréotypes positifs comme (comme « tolérant » et « adaptable ») et supérieure pour les stéréotypes négatifs (comme « violent » et « fanatique »).

 « Bien que cela ne soit pas surprenant, il est profondément dérangeant de voir ces attitudes négatives envers les Arabes au sein du public canadien », a déclaré Thomas Woodley, président de CJPMO. « Cela montre clairement que le racisme anti-arabe continue d’être un problème répandu et systémique au Canada, malgré le fait que cela soit un problème majoritairement ignoré, vers lequel aucune ressource publique n’est dirigée ».

Au même moment, le sondage montre que 79% des Canadiens reconnaissent la discrimination envers les Arabes comme étant un problème. « S’il y a une nouvelle encourageante dans ces résultats, c’est que de nombreux Canadiens reconnaissent que le racisme anti-arabe existe dans la société canadienne », a déclaré Dania Majid, présidente de l’ACLA. « Cela devrait servir de catalyseur à de meilleures initiatives gouvernementales pour lutter contre la discrimination et le profilage racial, et pour combler les défis auxquelles les Arabo-Canadiens sont confrontés en matière de chômage et d’autres enjeux socio-économiques. »

Les découvertes du sondage sur les défis auxquels font face les Arabo-Canadiens sur le marché du travail étaient particulièrement frappantes. Lorsqu’on leur a demandé pourquoi les Arabo-Canadiens  font face à un taux de chômage 50% plus élevé que la moyenne, 92% des Canadiens ont suggéré que la difficulté à parler une des langues officielles pouvait avoir un effet négatif. De plus, 84% ont déclaré que le manque d’expérience professionnelle canadienne était un autre facteur important, suivi par (81%) le fait de ne pas avoir fait d’études au Canada. Les Canadiens estiment que la « difficulté à s’intégrer » (78%), le fait d’avoir un « fort accent arabe » (73%) et d’avoir « un nom à connotation arabe » (64%) peuvent également avoir des effets négatifs sur les perspectives d'emploi d'un Arabo-Canadien.

 « Bien qu’ils fassent partie des minorités canadiennes les plus instruites, les Arabo-Canadiens continuent de souffrir d’un chômage et d’un sous-emploi chroniques et disproportionnés. », explique Atif Kubursi, président du conseil d'administration de la CAF. « Une fois pour toutes, le gouvernement fédéral doit mettre en œuvre des politiques qui éliminent les obstacles auxquels les Arabo-Canadiens sont confrontés en termes d'accès aux services et à l'emploi. Ce n'est pas seulement juste, c'est aussi bon pour l'économie et la société canadiennes. » 

L’enquête a été menée par les Associés de recherche EKOS entre le 26 et le 31 mai 2021, avec un échantillon aléatoire de 1005 adultes canadiens de 18 ans et plus. La marge d’erreur associée à l’échantillon est de plus ou moins 3,0 points de pourcentage, 19 fois sur 20.

Contacts:

Michael Bueckert, vice-président, CJPMO: 613-315-7947 ou [email protected]

Dania Majid, présidente, ACLA, [email protected]

Dr. Atif Kubursi, président du conseil d'administration, CAF, [email protected]