CJPMO : Le chef du NPD Jagmeet Singh ne devrait pas désavouer le BDS

Montréal, le 2 janvier 2020 – Comme de nombreux Canadiens, les Canadiens pour la Justice et la Paix au Moyen-Orient (CJPMO) ont été déçus d’entendre le chef du NPD, Jagmeet Singh, désavouer la campagne Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) visant Israël dans un podcast à la fin décembre. Durant le podcast (https://t.co/aqaUY51GiA), Singh a déclaré qu’il ne soutenait pas le mouvement BDS et qu’il le considérait comme étant contreproductif à la paix au Moyen-Orient. Il a également déclaré que : « La position officielle du NPD est que nous ne soutenons pas le BDS. La question a été soulevée lors des congrès et rejetée lors des congrès. » En réalité, les sondages montrent, et CJPMO a remarqué que de nombreux Canadiens, et surtout les électeurs du NPD, appuient fortement les stratégies démocratiques, participatives et non violentes comme le BDS pour exercer des pressions sur Israël afin qu’elle respecte les droits humains des Palestiniens.

 « Singh et le NPD ne gagneront pas d'appui en prenant leurs distances avec le mouvement BDS. », affirme Thomas Woodley, président de CJPMO. « Au contraire, le NPD attirera des électeurs en adoptant des positions de principe – comme l’appui au BDS – qui s’alignent avec les valeurs canadiennes de justice sociale, de justice économique et de primauté du droit. ». CJPMO souligne que les résultats du sondage publié en 2017 indiquent que 84% des électeurs du NPD considèrent les sanctions à l’encontre d’Israël comme étant raisonnable.

Le commentaire de Singh sur son opinion personnelle concernant le mouvement BDS est déconcertant, étant donné qu’il a, par le passé, exprimé son soutien aux sanctions en réponse aux violations des droits humains en Israël-Palestine. Dans sa réponse au questionnaire de CJPMO à l’intention des candidats à la direction du NPD en 2017, Singh a écrit concernant le BDS : « Je suis ouvert à l’idée d’envisager l’utilisation de sanctions en réponse aux violations des droits humains. ». Dans cette même réponse, il a souligné qu’il avait été le seul député du Parlement provincial de l’Ontario à s’élever contre une motion des conservateurs condamnant les campagnes de BDS. Dans le podcast, Singh a réitéré sa conviction que le soutien au BDS doit être autorisé en vertu de la liberté d’expression.

Les commentaires de Singh sur la position du NPD sur le BDS sont aussi déconcertants. À vrai dire, le NPD, en tant que parti, n'a jamais eu l'occasion de se prononcer sur la question du BDS. Lors du dernier congrès d’orientation du NPD, qui a eu lieu à Ottawa en 2018, plusieurs résolutions ont été présentées concernant la situation en Israël-Palestine. Aucune d’entre elles ne mentionnait explicitement le mouvement BDS. La seule résolution qui abordait directement la question de pressions économiques sur Israël pour ses violations aux droits de la personne proposait seulement « d’interdit les produits issus des colonies sur les marchés canadiens, et d’utiliser d’autres formes de pression diplomatique et économique pour mettre fin à l’occupation. ». Cette résolution a été appuyée par plus d'associations de circonscription que toutes les autres résolutions du congrès, mais elle a été reléguée en arrière-plan par les organisateurs du Parti et n’a donc pas été votée.

Les commentaires récents de Singh répondaient à une question posée lors d’un podcast enregistré le 24 décembre et publié par le Centre consultatif des relations juives et israéliennes (CIJA), un groupe de pression pro-israélien. CJPMO a publié un guide électoral en septembre 2019 qui a mis en évidence la position ambiguë du NPD sur le mouvement BDS. Les anciens chefs du NPD Jack Layton et Thomas Mulcair ont tous deux fait des commentaires rejetant le mouvement BDS, Mulcair allant jusqu’à dire que le BDS est « exactement la mauvaise direction dans laquelle nous devrions aller ». Néanmoins, jusqu’à présent, Singh n’avait pas fait de déclaration claire sur sa position personnelle concernant le BDS.

À propos de CJPMO – Les Canadiens pour la Justice et la Paix au Moyen-Orient (CJPMO) est une organisation séculaire, sans but lucratif, regroupant des hommes et des femmes d’horizons divers qui oeuvrent pour que la paix et la justice renaissent au Moyen-Orient. Elle a pour vocation de responsabiliser les personnes d’influence à traiter les protagonistes avec équité et à favoriser l’essor durable et équilibré de la région.

Pour plus d’informations, veuillez contacter Miranda Gallo, 438-380-5410.

Canadiens pour la Justice et Paix au Moyen-Orient

www.cjpme.org

Ce communiqué de presse peut être reproduit sans autorisation.

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