CJPMO : Le Canada doit ignorer les sanctions futiles de l’Arabie saoudite

Trudeau-Saudi-400x325.pngMontréal, le 9 août 2018 — Canadiens pour la Justice et la Paix au Moyen-Orient (CJPMO) appelle le gouvernement Trudeau à ignorer les sanctions futiles imposées par l’Arabie saoudite. La semaine dernière, la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a critiqué dans un tweet l’arrestation en Arabie saoudite de deux activistes des droits des femmes saoudiennes, Samar Badawi et Nassima al-Sada. Le gouvernement saoudien a réagi avec colère et imposé au Canada des sanctions à grande échelle : rappel de l’ambassadeur saoudien, suspension des vols entre Toronto et Riyad, retrait des étudiant-e-s saoudien-ne-s du Canada et suspension des achats de blé et d'orge au Canada. CJPMO demande au Canada de s’en tenir à ses principes et d’ignorer les réactions véhémentes de l’Arabie saoudite.

CJPMO estime que la réaction saoudienne est démesurée pour une critique qui reste pourtant très timide. CJPMO souligne que le recours de la ministre Freeland à un « tweet » pour réclamer la libération de militantes des droits humains emprisonnées constitue une faible réponse face à la longue répression de la dissidence qui perdure en Arabie saoudite. En effet, jusqu’à présent, le gouvernement canadien a largement gardé le silence sur les violations des droits de la personne perpétrées par l’Arabie saoudite, à l’échelle nationale comme à l’international. Pendant des années, CJPMO et d’autres se sont opposés à la vente d’armes au régime saoudien. En réalité, la grande majorité des Canadien-ne-s conteste également le commerce d’armes entre le Canada et l’Arabie saoudite, d’après un sondage réalisé par Nanos Research à l’automne 2017. Pourtant, les gouvernements Harper et Trudeau adoptent depuis des années une approche plus ou moins « business as usual », fermant les yeux sur le bilan de l’Arabie saoudite en matière de droits humains.

Compte tenu de leurs relations relativement cordiales, le Canada et l’Arabie devraient pouvoir gérer l’honnêteté des commentaires de l’un ou l’autre. CJPMO souligne que les États-nations ont le droit de commenter les actions de leurs pairs, sans pour autant menacer leur souveraineté. Le président de CJPMO, Thomas Woodley, a déclaré : « Pour avancer vers un monde plus libre et tolérant, toutes les sociétés doivent accepter la critique. Si l’Arabie saoudite dénonçait à juste titre le traitement réservé aux peuples autochtones par le Canada, nous devrions redoubler d’efforts pour atteindre une norme plus élevée ; nous ne retirerions pas l’ambassadeur du Canada en Arabie saoudite ».

L’Arabie Saoudite, une monarchie où les protections constitutionnelles sont très limitées, a toujours compté parmi les pays les plus répressifs du monde. Son nouveau dirigeant, Mohammed ben Salmane (MbS), a poursuivi la triste tradition du pays consistant à faire taire et emprisonner les militant-e-s des droits de la personne : depuis mai, par exemple, plus d’une douzaine de militant-e-s saoudien-ne-s ont été arrêté-e-s. La réaction excessive de l’Arabie saoudite à l’encontre du Canada récemment est similaire à d’autres mesures agressives prises par MbS, sur le plan domestique et international, afin de démontrer son pouvoir et son influence.

À propos de CJPMO – Les Canadiens pour la Justice et la Paix au Moyen-Orient (CJPMO) est une organisation séculaire, sans but lucratif, regroupant des hommes et des femmes d’horizons divers qui œuvrent pour que la paix et la justice renaissent au Moyen-Orient. Elle a pour vocation de responsabiliser les personnes d’influence à traiter les protagonistes avec équité et à favoriser l’essor durable et équilibré de la région.

Pour plus d’informations, veuillez contacter Miranda Gallo, 438-380-5410.

Canadiens pour la Justice et Paix au Moyen-Orient, www.cjpme.org

Ce communiqué de presse peut être reproduit sans autorisation.

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